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Les pratiques de recherche documentaire des chercheurs français en 2020 : étude du consortium Couperin

Où : France
Les pratiques de recherche documentaire des chercheurs français en 2020 : étude du consortium Couperin

Le consortium Couperin.org a lancé entre mai et juin 2020, une enquête auprès des chercheurs des établissements français de l’enseignement supérieur et de la recherche sur leurs pratiques de recherche  documentaire.  5598 réponses ont pu être analysées. 

L’objectif de l’enquête était de recueillir les besoins et usages de recherches bibliographiques et bibliométriques, de connaître les pratiques d’accès au texte intégral et d'identifier les attentes des chercheurs à l’heure du choix de renouvellement des outils par le Consortium.

         

12 principaux enseignements sont listés par les auteurs

                    

1. Les portails documentaires des établissements sont utilisés, davantage dans le secteur SHS que dans le secteur STM mais des critiques sont formulées quant à la qualité et à la performance des systèmes mis en place.

          
2. Les moteurs de recherche généralistes, Google en tête, constituent le principal mode de recherche d’information du chercheur.

              
3. Pour accéder au texte intégral, les chercheurs privilégient par ordre de priorité : Google Scholar, les sites des revues (via les éditeurs ou les agrégateurs, ces derniers très importants pour les SHS), les archives ouvertes, les réseaux sociaux et Sci‐Hub. Les accès proposés par les bibliothèques sontperçus comme trop complexes et moins performants.


4. En cas d’indisponibilité d’accès à un document via le service de documentation, les chercheurs trouvent généralement une solution alternative.

         
5. Le format PDF des documents reste et de loin, la forme privilégiée pour la consultation, confirmant l’attachement à la structure formelle de l’imprimé transférée dans l’univers du numérique, alors même que d’autres formes permettent des usages enrichis.

    
6. L’accès simplifié à des ressources électroniques sous droit grâce à des extensions navigateur reste très confidentielle voire inconnue de la majorité des chercheurs.

            
7. La plateforme ISTEX, bien qu’elle soit utilisée de façon conséquente à l’aune des statistiques d’usage constatées, n’est pas encore implantée dans le paysage des ressources utilisées par les chercheurs.

            
8. La recherche bibliographique repose principalement sur une démarche multi‐outils où Google Scholar tient une place prépondérante, néanmoins l’utilisation des bases WoS et Scopus est significative, celui des bases bibliographiques thématiques n’est pas négligeable comme le recours aux sites des éditeurs et des revues. La stratégie à l’œuvre est donc celle d’une complémentarité des outils mis à disposition.

           
9. Pour la gestion des références bibliographiques, Zotero est incontestablement l’outil de référence talonné par BibTex dans les sciences exactes. Néanmoins 22% des chercheurs n’utilisent aucun outil, tendance plus marquée en SHS (37%) qu’en science (19%).

          
10. Les outils WoS et Scopus dans leur fonction d’analyse sont majoritairement sous utilisés. Les chercheurs qui les utilisent, mobilisent assez peu les fonctionnalités offertes pour l’analyse de citations ou de construction de cartographies.

         
11. Le recours aux prestations proposées par le service de documentation reste une pratique marginale, celles‐ci sont mal connues ou inexistantes dans certains établissements.

         
12. Les pratiques de recherche et d’analyse bibliographiques ne sont pas en évolution malgré la mise à disposition de ressources adaptées et spécialisées et l’apparition de nouveaux outils gratuits. Parallèlement, une très forte demande de formation et d’accompagnement a été formulée, laissant entrevoir la possibilité d’un développement du rôle des professionnels de la documentation en tant qu’appui à la recherche.

Selon les auteurs, les enseignements tirés de cette enquête confirment souvent les analyses que les professionnels de l’information scientifique tirent de leur pratique du terrain et des relations qu’ils entretiennent avec les acteurs de la recherche.

                           

Lire le rapport complet

Marie Pascale Baligand, Grégory Colcanap, Vincent Harnais, Françoise Rousseau-Hans, Christine Weil-Miko. Les pratiques de recherche documentaire des chercheurs français en 2020 : étude du consortium Couperin. Rapport Couperin N°2, Couperin.org. 2021, 57 p. ⟨hal-03148285⟩

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